Test de Pokémon Version Vert Feuille : 1ère et 3e générations à leur paroxysme
Retour à Kanto réussi dans une Version Vert Feuille qui n’a pris ni nervure ni ride.
Test
Première raison : redécouvrez le challenge Pokémon où l’entraînement et un peu de stratégie sont la clef
On n’aurait pu vous éviter l’affront d’un résumé de l’intrigue de Pokémon 1ère génération pourtant rares sont les occasions de le faire alors ne boudons pas notre plaisir. Accueilli par le Professeur Chen qui nous introduit le monde de Pokémon, notre aventure commence dans la petite bourgade du Bourg-Palette. Notre personnage reçoit au début de l’aventure, selon la formule consacrée depuis précisément cette première génération, un des trois Pokémon starter qui entament le Pokédex, à savoir Bulbizarre, Carapuce ou Salamèche. Chacun de ces trois Pokémon détermine d’une certaine manière un semblant de niveau de difficulté pour le début de l’aventure car selon le spécimen choisi, affronter les premières arènes du jeu sera chose plus ou moins aisée. S’en suit alors un premier affrontement contre notre rival qui devient un gimmick tout au long du jeu, celui-ci nous attendant à des points clef de l’aventure pour se mesurer à nous et tester la diversité et le niveau des Pokémon qui constituent notre équipe.Le travail d’équipe, c’est justement ce qu’impose le jeu qui requiert d’attraper et de diversifier les six Pokémon que l’on transporte avec soi pour être en mesure de battre à la fois les champions pour récolter les huit badges mais aussi les membres de la Team Rocket, première organisation criminelle de l’histoire de Pokémon et bien sûr la Ligue Pokémon et le Conseil des 4.
Challenge suprême, affronter les quatre membres redoutables de la ligue composée d’Olga spécialiste des Pokémon Glace, d’Aldo et ses Pokémon Combat, Agatha et ses Pokémon Spectre et enfin Peter et ses Pokémon Dragon, est impossible à faire sans avoir au préalable monté le niveau de son équipe. Malheureusement pour les habitués du Multi Exp boostant d’ordinaire l’expérience de toute une équipe en même temps, ce n’est pas le cas ici, et jouer à cette version Vert Feuille impose au joueur quelques heures de farming et de combat contre les Pokémon sauvages et contre les dresseurs afin de rester constamment au niveau attendu par le jeu et bien sûr arriver au niveau de la Ligue. On note tout particulièrement certains paliers de difficulté mémorables imposés par le jeu comme au début Ondine et son Staross qui ne fait aucun cadeau ou bien Morgane à Safrania et son type Psy plus fort que la majorité des autres types.
Fort heureusement cette version embarque quelques-unes des trouvailles introduites lors de la 3ème génération et en particulier le Cherche VS, petit boitier qui peut interroger les PNJ dresseurs déjà battus et voir s’ils souhaitent de nouveau combattre. Bien plus rapide que d’enchaîner les combats contre les Nosferalto et les Racaillou qui peuplent les grottes du jeu, cette technique permet de gagner plus rapidement l’expérience nécessaire et ainsi de réduire un peu le côté fastidieux et répétitif propre à la licence à ses débuts.
Autre point stratégique à prendre en compte, cette version de la 1G à laquelle vous jouez est en réalité une version 3G. Cela signifie que des types comme le type Acier ou Ténèbres existent à présent mais pas encore le type Fée. Cela demande ainsi une petite gymnastique mentale pour ajuster sa stratégie mais permet aussi de régler les multiples errements d’une 1G qui emportait à l’origine des bugs dans les réglages de certaines attaques qui n’existent plus ici. Finies ainsi l’attaque Ultralaser sur-cheatée qui n’imposait pas de repos si le Pokémon adverse était mis KO en un coup ou encore l’attaque Puissance qui réduisait les taux de Critique plutôt que de les monter ! Bienvenue au contraire aux Talents ou Capacités spéciales qui enrichissent le gameplay, permettant par exemple à chaque Pikachu de devenir des boules à électricité statique qui risquent de paralyser quiconque les touche ou encore aux Nosferapti de pouvoir pétrifier de peur n’importe quel adversaire.
Il est à noter que le jeu cantonne au Pokédex régional de Kanto jusqu’à avoir battu une première fois la Ligue Pokémon pour qu’enfin que le jeu autorise Nosferalto ou Leveinard à évoluer, leur évolution n’apparaissant qu’en 2G. Nous l’avons ainsi vérifié à nos dépens sans pouvoir faire évoluer nos compagnons jusqu’à la fin de la première partie du jeu.
Deuxième raison : la nostalgie
Parcourir Kanto c’est vivre ou revivre la naissance de la franchise, avec bien sûr ses défauts mais aussi toute la saveur du milieu des années 1990. Exit donc l’intrigue moralisante, l’introspection quant à l’utilisation consentie ou non de Pokémon innocents juste pour le plaisir de combattre comme dans Blanc et Noir, ou bien le destin tourmenté des personnages comme dans le récent Légendes Pokémon Z.-A.L’aventure en 1G est celle d’un ou d’une jeune qui s’élance sur les routes armé de sa seule candeur pour tenter de devenir le meilleur dresseur du monde. Il aura à franchir des obstacles, à résoudre les problèmes de certains PNJ rencontrés et à vivre quelques moments mémorables, comme retrouver M. Fuji à Lavanville, venir au secours du Gardien du Parc Safari à Parmanie et s’extirper du Manoir Pokémon de Cramois'Île rempli de féroces Rattatac.
Fouler la région de Kanto c’est aussi marcher dans ce qui a fait la légende de la franchise. Le fil rouge de l’intrigue du jeu est ainsi la Team Rocket qui s’est infiltrée dans chaque recoin du jeu à la recherche de Pokémon rares et de précieux trésors. Premier jeu d’exploration pour beaucoup de joueurs qui foulaient leurs premiers chemins tortueux, forêts profondes, grottes dangereuses mais aussi de grandes villes colorées, les noms de la région de Kanto font sonner la cloche de la nostalgie. Azuria et ses toits bleus, Céladopole et son centre-commercial et son Casino, Parmanie et son parc Safari à la recherche des introuvables Leveinard et Mini-Draco, toutes ces trouvailles sont entrées dans le patrimoine vidéoludique et posent les bases d’une licence qui ne doit pas sa longévité complètement au hasard. S’il est vrai que les générations et régions suivantes ont su apporter davantage de variétés dans les paysages traversés, Kanto a cette fraîcheur insouciante des jeux rétro qui surprennent aujourd’hui, avec notre regard de 2026, quand un PNJ ose une franchise un peu folle et déconcertante ou que la maman d’Osselait nous fend le cœur dans la Tour Pokémon.
La réalisation de ce remake GBA aujourd’hui ressorti sur Switch ne gomme ainsi en rien la sincérité et le côté naïf qui existaient à la sortie du jeu de base dans les années 1990. Au contraire la version Switch, avec son grand écran (et son maxi écran même si vous y jouez en mode docké sur télé) a tendance à accroître le côté pixellisé du jeu, ce qui renforce ce côté jeu rétro et pourra par conséquent crisper certains joueurs autant qu’il plaira au reste. D’un point de vue technique par contre le jeu tourne formidablement bien, offrant même des temps de chargement en entrée ou sortie de bâtiment réduits, même chose pour les temps de sauvegarde qui sont ici express.
Dernier point technique qui pourra là aussi faire grincer des dents, le fait pour le joueur de Switch d’avoir les mêmes contraintes que sur Gameboy Advance. Contrairement aux autres jeux Gameboy proposés dans le pack du Nintendo Switch Online qui permet de disposer de plusieurs slots de sauvegarde, de pouvoir sauvegarder à tout moment par un menu propre à la Switch, voire d’utiliser l’option Rewind pour revenir en arrière dans le gameplay, aucune de ces options n’est offerte ici. Le jeu ne se sauvegarde que lorsque vous le faites manuellement et il n’y a qu’une seule sauvegarde possible par joueur.
À noter de plus que dans les options du jeu il est toujours possible de sélectionner son style de combat, entre le mode Choix, sorte de mode facile qui permet de choisir quel Pokémon garder alors que le Pokémon en face est mis KO et que l’on est informé du prochain Pokémon qui va être envoyé, et ainsi de maximiser l’avantage sur son adversaire, tandis que le mode Défini est un mode difficile qui ne dévoile rien du Pokémon suivant envoyé par son adversaire. Jouer à Pokémon Vert Feuille sur Switch c’est ainsi choisir de s’offrir le challenge Pokémon avec ce qu’il avait de plus beau mais aussi pour certains de plus irritant.
Troisième raison : une version généreuse à partager
Version ++, version généreuse, nous pouvons qualifier cette version Vert Feuille de bien des manières. Offrant en effet l’ensemble de l’aventure de 1G, le jeu embarque aussi tout un post-game fleurant bon la 2G et 3G. Plus précisément, il est possible, avant même de partir à la conquête de la Ligue Pokémon, de s’embarquer pour un archipel en marge de la région Kanto : les îles Sevii.Petit chapelet d’îles où le temps semble s’être arrêté, avec, en apparence, ses habitants isolés des remous occasionnés par la Team Rocket à Kanto, notre personnage y découvre de nouveaux chemins et toute une ribambelle de dresseurs avec l’envie d’y découdre.
Ajoutant facilement entre la quinzaine et la vingtaine d’heures, le post-game proposé par cette version mérite largement le détour tant il permet de continuer à développer son équipe principale de Pokémon mais aussi de s’élancer dans la complétion du Pokédex. Permettant la capture de dizaines de Pokémon supplémentaires issus de la 2e génération, le jeu, en tant que remake de la version GBA, ouvre de plus la possibilité à des échanges avec Rubis, Saphir et Émeraude à partir d’un certain point du post-game sur les îles Sevii. Est-ce que Nintendo ira jusqu’au bout en sortant des versions remake des trois autres jeux de la 3G sous une forme analogue à ces versions de Rouge Feu et Vert Feuille afin de favoriser les échanges et ainsi aider à compléter les Pokédex ? C’est ce que l’on peut espérer.
Cette quête du Pokédex est en effet une quête sous-jacente du jeu, consistant à compléter l’ensemble du Pokédex régional avec les 151 premiers Pokémon mais aussi le Pokédex national, soit la totalité des 386 Pokémon répertoriés. En l’état il impossible de compléter le Pokédex régional en jouant uniquement seul puisqu’il faut combiner les versions Rouge Feu et Vert Feuille car environ une dizaine de Pokémon sont exclusifs à chaque version. Il est également impossible de compléter le Pokédex national car le jeu nous offre seulement l’accès à une poignée de Pokémon issus de Jotho et Hoenn dans le post-game du jeu et les seuls échanges possibles doivent se faire en local. Ils ne peuvent en effet pas transiter via le online ou via Pokémon Home qui permet uniquement des envois en sens aller mais pas retour.
Pourtant ce remake a aussi la bonne idée d’embarquer directement des évènements normalement temporaires permettant de rencontrer trois Pokémon légendaires et fabuleux supplémentaires sur le Roc Nombri et l’île Aurore. Ces deux belles surprises offrent ainsi des rencontres bonus auxquelles n’avaient pas eu accès les joueurs français lors de la sortie des jeux en 2004 et l’on s’en félicite.
Terminons avec la liste des Pokémon exclusifs à la Version Vert Feuille (pour constater qu'elle est bien la meilleure des deux, en toute subjectivité) :
- Sabelette
- Sablaireau
- Chétiflor
- Boustiflor
- Empiflor
- Goupix
- Feunard
- Magmar
- Scarabrute
- Ramoloss
- Flagadoss
- Stari
- Staross
- Roigada
- Magby
- Marill
- Azumarill
- Azurill
- Feuforêve
- Farfuret
- Rémoraid
- Octillery
- Démanta
- Deoxys (Forme Défense)






























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