Aggelos arrive en 2019 sur le marché. Malgré des critiques globalement positives, on lui reproche un manque d’originalité allant jusqu’à le qualifier de pâle copie de Wonder Boy et The Legend of Zelda 2 de la Nes. Certes, il s’en inspire et propose une aventure avec une monde qui lui est propre mélangeant plateforme et action RPG. Mais est-ce vraiment le seul ? On peut citer dans les vieux pots, Battle of Olympus, Faxanadu ou encore Kid Icarus de l’époque Nes. Difficile d’innover dans un genre très présent depuis les débuts de l’industrie. Ne pouvons-nous pas simplement apprécier une œuvre pour l’expérience qu’elle propose sans crier au plagiat ? C’est ce que nous allons faire ensemble avec notre analyse d’Aggelos 2. Six ans plus tard, le duo d’éditeur PQube et PixelHeart change de studio de développement, c’est l’indépendant Wonderboy Bobi qui prend la relève. Même son nom est équivoque. Avec ce second opus, on passe le pas et on plonge complètement dans le style du metroidvania et il arrive le 27 août.
Mille ans de Lumen
L’histoire prend place un millénaire après les événements du premier épisode. En gros, dans le premier opus, vous avez sauvé les terres de Lumen d’un mal absolu et vous revenez dans le 2 pour à nouveau sauver le même royaume. Bref, si vous n’avez pas fait le premier, pas de souci, ce second volet est très indépendant de son grand frère. Le scénario n’est pas très poussé mais il a le mérite d’être simple et classique. Ce qui est une bonne entrée en matière pour les personnes notamment les plus jeunes qui pourraient découvrir le genre avec Aggelos 2.
Qu’est-ce qui change par rapport à son prédécesseur ? Maintenant, c’est un pur metroidvania. Fini la petite carte pour se déplacer à travers les différentes zones du jeu. On explore en toute liberté sans temps de chargement. Ensuite on dit adieu à la barre d’XP qui était assez anecdotique dans Aggelos premier du nom. L’aspect shoot’n’run devient beaucoup plus important. L’action entre les attaques au corps à corps et à distance devient très techniques et nécessite une grande dextérité. On ne va pas vous spoiler le récit mais si vous n’avez pas regardé le trailer, allez le regarder sinon, acceptez d’être spoilé sur le reste de l’article. Le spoiler c’est qu’on acquiert rapidement la capacité de se transformer en démon. Il est essentiel d’en parler car cela devient le noyau dur de l’aventure outre l’histoire qui l’accompagne.
Ombre et lumière
Cette dualité va au-delà des capacités supplémentaires offertes au protagoniste. Dès l’acquisition de ce pouvoir, on découvre un nouveau monde connecté au premier. Ce n’est donc pas une exploration tentaculaire mais deux, aussi grandes l’une que l’autre qu’il nous est données de parcourir. Une monde de lumière et un autre de ténèbres reliés entre eux. Les chemins parmi lesquels vous pourrez admirer toutes la maîtrise des décors en pixel, vous seront parfois barrés et l’issue se trouvera sans doute de l’autre côté d’un portail reliant les deux mondes. Vous arrivez alors dans une zone inexplorée pour trouver la solution à l'énigme qui vous empêche d’avancer de l’autre côté. Cela rappelle rapidement la mécanique de Soul Reaver, premier du nom sur PS1 où il fallait alterner entre monde physique et monde spirituel. On le redit, difficile d’innover mais par contre il est possible de reprendre des idées et de très bien les exploiter. C’est le cas ici.
Revenons maintenant à la dualité du personnage. Il est possible d’alterner instantanément entre les deux formes. C’est fluide et on apprécie l’expérience. Ce n’est pas juste tape à l'œil. La forme angélique permet des choses que celle démoniaque n’a pas la possibilité d’effectuer et vice versa. Par exemple, sous la version “ange”, vos tirs traversent l’écran mais sont arrêtés par le premier ennemi qu’ils touchent et par les murs. Ceux du démon sont des projectiles plus larges mais leur portée est réduite. Pour compenser, ils traversent les ennemis et les murs. L’ange donne des coups d’épée circulaires tandis que le démon porte des estocs avec la capacité de les enchaîner rapidement. Dites vous que toutes les capacités que vous obtenez ont une version différente selon la forme de votre personnage. Cela va encore plus loin, il y a des passages où il faut obligatoirement enchaîner les transformations pour vous adapter à chaque situation. Plus on progresse et plus l’alternance est nécessaire si vous ne voulez pas vous faire trucider par les boss ou les simples ennemis. Pas de panique, la difficulté est crescendo et le rythme de progression vous permet de prendre en main la maîtrise de toutes les techniques. Le reste, c’est à vous de trouver quand et comment exploiter au mieux toutes les capacités à votre disposition.
18/20
L’inspiration avec différents titres du passé est certes très présente mais Aggelos 2 les emboîte correctement afin de les exploiter parfaitement. Et puis, qui à part les vieux des gen X et Y, peuvent se targuer d’avoir pu jouer à Zelda 2 sur Nes ou encore Gargoyle’s Quest sur Game Boy en 2026 ? Il faut bien permettre à la nouvelle génération de découvrir la qualité d’un âge pas si révolu que cela à travers des titres comme celui-ci tout en y ajoutant l’évolution qualitative qui a fait le succès des metroidvanias. Ce second volet est une illustration concrète et prouve encore une fois que le style néo-rétro n’est pas prêt de décliner.
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