Dossier Nintendo Switch 2 (Switch 2)
Switch 2, un an : ce que la rédac de PN en pense vraiment — [PN MADNESS]
Un an après son lancement, trois rédacteurs de PN confrontent leur regard sur la Switch 2, du choix de l'évolution assumée jusqu'à ses coulisses techniques.
Dossier
Un an, déjà. Le 5 juin 2025, nous récupérions la Nintendo Switch 2 au terme d'une attente que l'on a longuement racontée dans notre test au bout de trois semaines. 12 mois plus tard, l'heure du bilan a sonné, et plutôt que de trancher d'une seule voix, nous avons préféré confronter nos ressentis. Trois membres de la rédaction ont pris le temps de livrer ici leur regard sur cette première année, de la philosophie de la machine jusqu'à ses coulisses techniques. Nos avis se rejoignent souvent, divergent parfois, et c'est précisément ce qui rendait l'exercice intéressant et différent des hommages que vous trouverez peut-être à l'occasion de ce premier anniversaire !
Pour l'anniversaire de la sortie de la Switch 2, on vous a concocté une PN Madness dont on a le secret, avec à découvrir :
Big N a pourtant un peu tenté de nous faire croire le contraire, allant jusqu'à intituler un chapitre de son interview Ask the Developer « tout reconcevoir de zéro ». On veut bien saluer le travail d'ingénierie, mais ce récit de la table rase sent un peu le storytelling marketing, dans la lignée du fameux jardin de Miyamoto qui aurait inspiré Pikmin.
Sur le fond, la Switch 2 assume son statut de suite, et c'est tant mieux. Comme nous l'écrivions déjà dans notre test, elle n'a pas dynamité la formule, elle l'a polie. Ce que la première Switch avait d'audacieux, la seconde le consolide, avec une rétrocompatibilité quasi intégrale qui prolonge l'un des plus beaux catalogues du jeu vidéo.
Là où la Switch de 2017 devait marquer les esprits pour faire oublier le marasme de la Wii U, la Switch 2 avait surtout besoin de rassurer en s'appuyant sur ses fondamentaux. Une évolution assumée, donc, plutôt qu'une révolution forcée.
Samus partage ce constat, avec une pointe de regret :
Samus pointe enfin du doigt les fonctions plus gadgets de la console :
Donkey Kong Bananza a confirmé la tendance un mois plus tard. Tonio ne s'en cache pas, c'est son coup de cœur de l'année :
La suite a confirmé la richesse du line-up, entre Metroid Prime 4: Beyond, Légendes Pokémon : Z-A (que Tonio dit avoir autant aimé qu'il a détesté son DLC), Mario Tennis Fever, Kirby Air Riders ou encore Yoshi and the Mysterious Book, dont Tonio se délecte actuellement. On a même eu droit à des paris plus confidentiels comme Drag X Drive.
Et puis, soyons honnêtes, c'est aussi là que le bât blesse un peu. Aussi réussi soit-il, Mario Kart World n'a pas le poids d'un Breath of the Wild ou d'un Super Mario Odyssey en 2017. La nuance est importante, car l'époque n'est pas la même, et on y reviendra en conclusion.
Seul Electronic Arts continue de faire la fine bouche, fidèle à sa réputation de mauvais élève. Côté joueur, Tonio confirme l'enthousiasme manette en main :
Dans la même veine, certaines rumeurs évoquent une distribution volontairement limitée des kits de développement, histoire d'endiguer le shovelware et les jeux générés à la chaîne par intelligence artificielle. Faute de confirmation officielle, tout cela reste à prendre avec précaution, mais le constat de Samus a le mérite de poser les bonnes questions.
Et si c'était là sa plus grande chance ? Réussir une première année aussi dense sans ce jeu-événement, c'est savoir que le meilleur reste à venir. Les équipes apprennent encore à dompter la machine, et on imagine sans peine les claques que nous réservent les prochaines exclusivités.
Tonio résume parfaitement cet état d'esprit :
Pour lui, cette première année n'est d'ailleurs qu'un tour de chauffe :
Évolution plutôt que révolution : la console que Nintendo devait sortir
Pour comprendre la Switch 2, il faut d'abord se souvenir d'où l'on vient. Après huit ans de domination quasi sans partage, la première Switch avait redéfini notre façon de jouer en réunissant dans un même objet une console de salon et une console portable. Réussir la transition vers une nouvelle génération supposait donc une chose : ne surtout pas repartir d'une feuille blanche.Big N a pourtant un peu tenté de nous faire croire le contraire, allant jusqu'à intituler un chapitre de son interview Ask the Developer « tout reconcevoir de zéro ». On veut bien saluer le travail d'ingénierie, mais ce récit de la table rase sent un peu le storytelling marketing, dans la lignée du fameux jardin de Miyamoto qui aurait inspiré Pikmin.
Sur le fond, la Switch 2 assume son statut de suite, et c'est tant mieux. Comme nous l'écrivions déjà dans notre test, elle n'a pas dynamité la formule, elle l'a polie. Ce que la première Switch avait d'audacieux, la seconde le consolide, avec une rétrocompatibilité quasi intégrale qui prolonge l'un des plus beaux catalogues du jeu vidéo.
Là où la Switch de 2017 devait marquer les esprits pour faire oublier le marasme de la Wii U, la Switch 2 avait surtout besoin de rassurer en s'appuyant sur ses fondamentaux. Une évolution assumée, donc, plutôt qu'une révolution forcée.
Samus partage ce constat, avec une pointe de regret :
On a aussi l'impression que cette Switch 2 est une version « plus » de la Nintendo Switch. Et on a l'impression que cette console est un peu la Switch « PRO » que nous n'avons pas eue.Le hardware a beau être abouti, l'impression de continuité reste tenace, et elle se prolonge jusque dans le logiciel système : le menu d'accueil de la Switch 2 n'est pas si différent de celui de la première génération, pour ne pas troubler les nouveaux venus sur la nouvelle machine, et permettre aux ingénieurs de Nintendo de mettre à jour les deux OS en parallèle.
Le hardware : des finitions au sommet, une portabilité en question
C'est sans doute là que nos avis s'opposent le plus franchement. Sur la qualité de fabrication, Samus est dithyrambique :Ce qu'il faudra saluer sur la console, c'est la qualité de ses finitions. Avec la Nintendo Switch 2, nous avons un produit assez abouti, où tout a été revu jusque dans les moindres détails.Il en veut pour preuve le mal-aimé Nintendo Switch 2 Welcome Tour, dont le contenu pédagogique a été éclipsé par la polémique sur son prix, alors qu'il détaille à merveille tout ce que la console doit au savoir-faire accumulé par Big N. Même l'autonomie en retrait ne l'émeut pas outre mesure :
Le défaut sur lequel on mettrait facilement le doigt, c'est l'autonomie en mode portable, mais c'est un défaut logique. Si la console fait un gap en puissance, il est logique qu'un gap de la consommation se fasse aussi.Un point sur lequel nous l'avions rejoint dans notre test, mesures à l'appui, autour de 2h15 sur Mario Kart World et près de six heures sur Hades II. Tonio, lui, se montre beaucoup plus sévère sur l'objet :
Je déplore seulement la partie hardware de la console et surtout son format beaucoup trop encombrant pour l'aspect portabilité. L'écran n'est au final pas de si bonne qualité. Un bouton share qui ne me sert pas et une fonction souris qui pour le moment me sont totalement inutiles.Deux regards, un même objet, des verdicts opposés : la preuve qu'au-delà de la fiche technique, la Switch 2 se vit aussi très différemment selon l'usage que l'on en a. Certains, d'ailleurs, militent encore en silence pour une future révision OLED. On se doute bien que Nintendo proposera aussi, à un moment donné, une version Lite de sa machine, mais on attendra un peu que le variant principal trouve sa place sur le marché, ce qu'il a réussi à faire si l'on en croit les chiffres du rapport annuel 25-26 publié début mai.
Samus pointe enfin du doigt les fonctions plus gadgets de la console :
L'aspect communautaire de la console avec GameChat me paraît être un développement pour rien. Le bouton C me rappelle ces boutons inutiles permettant d'accéder à des services que l'on n'utilise pas, ou qui n'existent plus, sur les télécommandes de certains appareils. Nintendo semble avoir commencé à comprendre qu'il fallait arrêter d'essayer de nous vendre l'utilisation de la caméra en jouant. Mais elle tente des usages différents avec Star Fox et le mapping du visage, ce qui, encore une fois, sera amusant cinq minutes mais rarement plus.
Les jeux : une première année dense qui rajeunit les licences
Sur l'essentiel, en revanche, nous tombons d'accord : cette première année a été remarquable côté logiciel. La grande idée que défend Samus, c'est que Nintendo s'est servi de ce lancement pour dépoussiérer ses licences plutôt que de les essorer :Cette génération de console est l'occasion pour Nintendo de tenter de renouveler ses licences et de leur donner un vent de fraîcheur. Nintendo n'use pas ses licences phares jusqu'à la moelle comme beaucoup aiment pourtant le lui reprocher.Mario Kart World en est le meilleur exemple. Pour ma part, rien ne pouvait me faire plus plaisir qu'un nouveau Mario Kart au lancement, après 10 ans passés sur Mario Kart 8 Deluxe. Son monde ouvert connecté et son mode survie constituent une vraie refonte structurelle de la formule, et c'est précisément pour cela qu'en faire le jeu de lancement était très malin de la part de Big N. Samus y voit lui aussi une petite révolution pour la saga.
Donkey Kong Bananza a confirmé la tendance un mois plus tard. Tonio ne s'en cache pas, c'est son coup de cœur de l'année :
L'ayant essayé à la Japan Expo, il ne me fallut que quelques minutes pour succomber à son charme tropical et destructeur ! Cette petite pépite aura embelli mon été pluvieux en Bretagne !Dès le lancement de la machine, Nintendo a réussi le pari de soutenir sa propre console avec de nouveaux jeux tels que Mario Kart le 5 juin, Donkey Kong le 17 juillet, Hyrule Warriors : Les Chroniques du Sceau le 6 novembre et Kirby Air Riders le 20 novembre. Ces jeux exclusifs sont espacés par la sortie de jeux « Nintendo Switch 2 Edition » comme Super Mario Party Jamboree – Nintendo Switch 2 Edition + Jamboree TV, Kirby et le monde oublié – Nintendo Switch 2 Edition + Le pays des étoiles filantes, Légendes Pokémon : Z-A – Nintendo Switch 2 Edition et Metroid Prime 4: Beyond – Nintendo Switch 2 Edition. On vous renvoie vers ce dossier sur les jeux de la première année de la Switch 2.
La suite a confirmé la richesse du line-up, entre Metroid Prime 4: Beyond, Légendes Pokémon : Z-A (que Tonio dit avoir autant aimé qu'il a détesté son DLC), Mario Tennis Fever, Kirby Air Riders ou encore Yoshi and the Mysterious Book, dont Tonio se délecte actuellement. On a même eu droit à des paris plus confidentiels comme Drag X Drive.
Et puis, soyons honnêtes, c'est aussi là que le bât blesse un peu. Aussi réussi soit-il, Mario Kart World n'a pas le poids d'un Breath of the Wild ou d'un Super Mario Odyssey en 2017. La nuance est importante, car l'époque n'est pas la même, et on y reviendra en conclusion.
Les éditeurs tiers enfin au rendez-vous
Bonne surprise de cette année : les éditeurs tiers ont enfin joué le jeu. Samus dresse un inventaire éloquent :On a eu quand même pas mal de surprises. Cela a commencé par Cyberpunk 2077 de CD Projekt, qui sert de vitrine technique pour la plupart d'entre nous. On peut aussi évoquer le portage incroyable de Final Fantasy VII par Square Enix.Capcom, avec Resident Evil Village, 7 et Requiem, Ubisoft, avec Star Wars Outlaws et Assassin's Creed Shadows, et bien d'autres ont suivi, avec des concessions techniques le plus souvent mineures.
Seul Electronic Arts continue de faire la fine bouche, fidèle à sa réputation de mauvais élève. Côté joueur, Tonio confirme l'enthousiasme manette en main :
La Switch 2, c'est également l'avènement des éditeurs tiers qui peuvent enfin nous proposer des portages dignes de ce nom. J'ai pu tester de nombreuses démos techniquement bluffantes comme FF7 Remake, Resident Evil Requiem, ou encore le somptueux Dragon Quest 7 Reimagined.Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de parcourir la liste complète des jeux sortis et à venir que nous tenons à jour.
Les coulisses techniques : une console sortie un peu trop tôt ?
C'est le grand chapitre d'analyse de Samus, et c'est aussi le plus délicat, car une bonne partie repose sur des bruits de couloir. Première réserve, l'OS de la console :L'un des facteurs qui nous donne l'impression d'être sur une Nintendo Switch « ++ », c'est le système d'exploitation qui est visuellement identique à celui de la première console. C'est peut-être un choix stratégique pour ne pas dépayser les joueurs, mais c'est une petite déception pour les aficionados.Vient ensuite la sensation d'un lancement précipité, entre une prise en charge du DLSS d'abord partielle et l'immense liste des jeux Switch incompatibles publiée juste avant la sortie. S'ajoute le feuilleton des cartouches : on entend dire, et on prendra les pincettes de rigueur, que le fournisseur historique Macronix serait absent de la Switch 2, ce qui aurait poussé Nintendo vers des formats plus limités et expliquerait le recours massif aux Cartes Clés de Jeu.
Dans la même veine, certaines rumeurs évoquent une distribution volontairement limitée des kits de développement, histoire d'endiguer le shovelware et les jeux générés à la chaîne par intelligence artificielle. Faute de confirmation officielle, tout cela reste à prendre avec précaution, mais le constat de Samus a le mérite de poser les bonnes questions.
Le meilleur reste à venir
Au moment de souffler la première bougie, un sentiment domine, partagé par nous trois : l'impatience. Là où la Switch avait tout misé sur l'événement Breath of the Wild dès le premier jour, la Switch 2 a étalé ses forces, au point qu'il est rare de voir Big N lancer une console sans nouveau Mario en plateforme ni nouveau Zelda dans les premiers mois.Et si c'était là sa plus grande chance ? Réussir une première année aussi dense sans ce jeu-événement, c'est savoir que le meilleur reste à venir. Les équipes apprennent encore à dompter la machine, et on imagine sans peine les claques que nous réservent les prochaines exclusivités.
Tonio résume parfaitement cet état d'esprit :
Le point fort de la console réside dans ses jeux et le plaisir qu'ils procurent. On attend surtout une seconde année pour confirmer les excellents jeux sortis pendant cette magnifique première année ! Bon anniversaire la Switch 2 !Samus, lui, garde un œil sur l'horizon, entre Star Fox tout proche, The Duskbloods de FromSoftware, Fire Emblem ou la prochaine génération Pokémon. De quoi nourrir nos attentes, que l'on a déjà commencé à détailler dans notre guide des jeux à ne pas manquer en 2026. Pour le reste, ceux qui voudraient remettre les choses en perspective pourront relire notre rétrospective de l'arrivée de la console.
Pour lui, cette première année n'est d'ailleurs qu'un tour de chauffe :
Que les rumeurs soient confirmées ou non, il n'empêche que la première année de la Nintendo Switch 2 s'apparente à un tour de chauffe, pendant lequel Nintendo a dû beaucoup s'activer en coulisses pour gérer les différentes crises, a minima les taxes et la hausse des prix. Maintenant que certains sujets commencent à devenir de l'histoire ancienne, comme la rétrocompatibilité, Nintendo va peut-être pouvoir concentrer ses forces de façon moins éparpillée. Mais de nouvelles péripéties se profilent-elles à l'horizon ? Nous verrons bien. Nintendo a encore de nombreuses grosses cartouches sous le coude : un nouveau Zelda et un Mario 3D restent à annoncer un jour, et la dixième génération de Pokémon est déjà annoncée et devrait être l'un des premiers jeux post-lancement à vendre la console par palette.
Au fond, c'est peut-être ça le plus enthousiasmant : la Switch 2 n'a pas encore montré son vrai visage. La première Switch avait mis huit ans à dérouler tout son potentiel, et si l'on se fie à cette première année déjà très généreuse, la suite de sa carrière a tout pour nous tenir en haleine. On rêve d'une seconde année qui sortirait enfin ce jeu-événement capable de marquer la génération au fer rouge, on garde un œil sur d'éventuelles révisions OLED ou Lite, et on espère que les éditeurs tiers conserveront cet élan retrouvé. Si la machine confirme l'essai, elle ne se contentera pas de prolonger l'héritage de son aînée, elle écrira sa propre légende. Et ça, on a hâte d'y être.
Un an après, diriez-vous que la Switch 2 a déjà tenu ses promesses, ou attendez-vous encore le jeu qui fera tout basculer ? Venez en discuter en commentaire ou sur notre serveur Discord !
Un an après, diriez-vous que la Switch 2 a déjà tenu ses promesses, ou attendez-vous encore le jeu qui fera tout basculer ? Venez en discuter en commentaire ou sur notre serveur Discord !








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