Test de Big Walk : perdus ensemble, c'est bien mieux !
Sept ans après Untitled Goose Game, House House revient avec Big Walk. Une expérience très éloignée de son oie hystérique mais tout aussi surprenante et réussie, jouable surtout de 2 à 12 joueurs !
Test
Après l'oie solitaire, la randonnée en équipe
Un peu de contexte avant de rentrer dans le dur du sujet. House House est un petit studio australien basé à Melbourne qui s'est révélé au monde entier en 2019 avec le jeu Untitled Goose Game dans lequel le joueur contrôle une oie qui doit mettre le bazar dans un pauvre village qui n'a rien demandé. Le jeu est déroutant mais surtout réussi !Sept ans plus tard, House House est de retour avec non plus un jeu 100% solo mais au contraire un jeu 100% multijoueur puisque Big Walk ne se joue qu'à plusieurs ! De deux à 12 joueurs peuvent embarquer dans une randonnée qui vous emmène au milieu de nulle part sur une île visiblement inhabitée mais où sont parsemés des bâtiments colorés qui n'attendent que vous et vos amis pour être explorées.Une aventure flexible mais 100% multijoueur
Nous allons le répéter à plusieurs moments dans ce test : Big Walk ne se joue pas seul. Même si il est possible dans l'absolu de démarrer le jeu tout seul, vous allez vite vous retrouver bloqué et il vous faudra au moins un camarade de jeu pour venir à bout des différentes épreuves.House House a intelligemment prévu trois calibrages au moment de lancer une session de jeu : deux joueurs, trois joueurs, et quatre et plus. En fonction de la configuration choisie, le jeu adapte certains puzzles pour éviter tout blocage mais aussi permettre de rehausser le niveau de difficulté de certains passages qui seraient plus faciles avec un nombre élevé de joueurs.Le crossplay est l'une des forces du jeu et il donc possible de jouer sur la version Nintendo Switch 2 du jeu avec une personne ayant le jeu sur PlayStation 5 et une autre sur PC. La subtilité est qu'un seul joueur sera l'hôte de la session et contiendra la sauvegarde permettant de continuer l'aventure. A vous donc de bien choisir cet hôte qui devra être présent à chaque session de jeu.Autre règle du jeu, et elle est stricte : la communication doit passer par le chat vocal de proximité intégré. Pas question d'avoir un Discord ou un autre système vocal à côté. Cela paraît contraignant au début mais est fondamental pour profiter du jeu et de son univers. En vous éloignant de quelques mètres, la voix de votre partenaire se fait de moins en moins forte jusqu'à ne plus l'entendre du tout. Exactement comme dans la réalité. Toute la tension du jeu naît de là.
Un langage à inventer soi-même
Quand la voix ne porte plus et que vous vous retrouvez dans le silence total, il faut faire autrement. Vos personnages peuvent pointer, lever et tendre chaque bras indépendamment, s'asseoir, sauter ou encore tourner sur eux-mêmes. C'est très limité sur le papier mais plein de ressources à l'usage. Au fil des énigmes, vous mettez en place vos propres conventions et façons de communiquer par autre chose que la parole.Même l'univers qui habite Big Walk n'exprime aucun mot ou texte. Dès lors, il faut nommer de vous-même chacun des objets et formes qui vont vous aider à progresser. Le vocabulaire du jeu sera le votre.Là encore, cela peut sembler absurde à l'heure où les jeux sont de plus en plus guidés mais la recette de Big Walk fonctionne parfaitement bien et dès les premiers instants où vous vous lancez à l'aventure, vous comprenez, sans qu'aucun texte ne l'explicite, ce qui est attendu de vous tout au long du jeu.
Des énigmes qui rendent le groupe intelligent
Sans en dire trop, Big Walk est un jeu d'exploration où la progression se fera par l'intermédiaire d'énigmes à résoudre sous forme d'épreuve. Chaque épreuve est située sur ce qui pourrait être vue comme une zone de jeu colorée dédiée, que vous allez pouvoir identifier très facilement au loin.Chaque énigme est différente et particulièrement difficile dans sa réalisation mais elles ont toutes pour point commun de mettre le collectif au centre de leur résolution : soit car il y a besoin d'un guide et d'un guidé, soit car il faudra se synchroniser à deux ou encore car il faudra s'entraider pour tenir ses nerfs pour des énigmes longues dans leur résolution.Certaines énigmes déclinent un concept vu auparavant : par exemple des pièces séparées par une vitre sans tain où un seul des joueurs peut voir l'autre ; puis parfois vous n'aurez qu'une ampoule et un interrupteur à disposition. A chaque fois, il faut redoubler d'imagination pour s'accorder sur le code à mettre en place pour parvenir à la résolution de l'énigme et empocher le jackpot.
Stand by me
Si le chat vocal de proximité est essentiel au jeu, vous vous doutez bien que par moment il vous faudra vous éloigner les uns des autres car certaines énigmes peuvent se dérouler à plusieurs centaines de mètres de distance. Heureusement, le jeu met à disposition des joueurs certains objets pour garder le contact, sous une forme ou une autre. Par exemple des talkies-walkies, ou bien des fusées de détresse etc. Si Big Walk ne comporte aucun ennemi, l'instinct de survie se fait quand même ressentir à la nuit tombée, quand l'obscurité envahit tout l'écran et qu'il vous faut continuer malgré tout de progresser. Comme chaque joueur ne peut tenir qu'un seul objet à la fois dans ses mains, il faudra par exemple choisir entre maintenir la communication avec les talkies ou bien saisir une lampe pour s'éclairer...C'est sans compter sur les chutes qui peuvent vous étourdir et vous faire lâcher ce que vous teniez en mains. Autant vous dire qu'il ne vous faudra pas paniquer quand vous égarerez un talkie-walkie en pleine brousse et que vous entendrez la voix de votre camarade qui continuera de vous appeler à travers le talkie au loin.
Une aventure un peu cabossée sur Nintendo Switch 2
La version Nintendo Switch 2 de Big Walk comprend quelques limitations par rapport à ses cousines sur PC et PS5. Le jeu y est bloqué à 30 images par seconde, avec un affichage tardif des éléments de décor. Certaines ombres sont grossières et en basse définition tandis que l'éclairage est moins réussi que sur les autres plateformes. Aussi bien en version sur dock qu'en mode portable.Le plus contrariant, c'est que malgré ces sacrifices, la console peine encore à tenir ses 30 images par seconde dans certaines zones, notamment en haut des tours, là précisément où le paysage offre ses plus beaux panoramas (et où on pourrait presque se croire dans The Legend of Zelda : Breath of the Wild). Une mise à jour publiée pendant la période de test a déjà amélioré les choses, et nous espérons que d'autres suivront.Faut-il pour autant fuir cette version ? Loin de là ! La nature du jeu fait que ces défauts ne cassent rien de fondamental au gameplay de Big Walk. Les énigmes se résolvent de la même manière et vous pouvez progresser aux côtés de vos camarades de façon identique.D'un point de vue contrôles, la version Switch 2 propose à la fois des commandes à la manette mais aussi en mode souris grâce au Joy-Con 2. Sur les déplacements, il est frustrant de se retrouver parfois bloqué dans des zones caillouteuses. La physique du jeu par rapport aux personnages devrait peut-être être revue sur ce plan là.
Dernière précision technique : le micro de la Nintendo Switch 2 est absolument à la hauteur pour permettre les échanges fluide dans le jeu. Pas besoin d'investir dans un micro supplémentaire. Concernant le son, sachez que la bande son et ses effets sonores, très important pour se repérer notamment dans l'obscurité, sont très réussis. L'univers étonnant visuellement de Big Walk se retranscrit également très bien à l'audio.
Un voyage à ne faire qu'une fois dans sa vie
L'aventure Big Walk demande une bonne vingtaine d'heures pour être complétée. Vous pouvez progresser à votre rythme au gré des disponibilités de chacun des joueurs. Il est satisfaisant en fin de session de jeu de planifier des prochaines actions à mener et d'identifier les futurs endroits à explorer.Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin et celle de Big Walk ne se vivra qu'une seule fois. Une fois les énigmes comprises, les quelques surprises découvertes, il n'y a pas vraiment d'intérêt pour recommencer. Cela n'est pas un défaut de conception mais bien une fonctionnalité, voire le but du jeu.
Si l'expérience sur la Nintendo Switch 2 est sans doute moins performante que sur PC et les autres consoles, Big Walk est une grande réussite, jouable en plus avec quiconque possède le jeu sur quelque support qu'il soit.
Big Walk est disponible sur l'eShop de la Nintendo Switch 2. Au prix de lancement de 14,24 € jusqu'au 17/08. Il sera vendu ensuite 18,99 €.



















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