Plus grand à l’intérieur…
Le terme de “knowledgevania” fait toujours débat, quant à son utilisation. Cependant, d’une certaine façon, Looking for Fael s’inscrit dans la lignée de ces jeux qui vous larguent au milieu d’un appartement et vous laissent vous y débrouiller. Ici pas d’indice, uniquement votre force de déduction et votre observation. Rappelant les mécaniques d’escape game, Looking for Fael n’est pas sans évoquer le magnifique Blue Prince, même s’il est définitivement plus linéaire que le Prince Bleu.
Le pitch de début est assez simple : vous recevez un appel. Votre coloc, Fael, s’est perdu dans l’appartement. Comment est-ce seulement possible ? Après avoir déverrouillé la boîte aux lettres (première énigme qui vous familiarise avec les contrôles), vous trouvez la “GameLeaf”, une console qui ressemble très fort à une Game Boy SP, avec son clapet à l’ancienne. Dans l’appartement, d’énormes câbles au sol, un boitier étrange près de la porte… Les choses commencent à se mettre en place.
Rapidement, vous allez vous rendre compte qu’en effet, votre appartement est plus grand à l’intérieur. De ce boitier et de ce que vous allez taper dessus, vont s’ouvrir d’autres portes vers d’autres versions de votre appartement. Combien y en a-t-il ? A vous de tenter de le découvrir. Essayez, fouillez, et n’oubliez jamais de prendre des notes, toutes les informations sont essentielles dans cette aventure.
Tout un monde dans une Game Boy
Avant de parler des contrôles globaux, de la maniabilité du titre et de ses énigmes, il faut revenir sur un truc : la GameLeaf. Cette petite console sera votre sésame pour l’aventure. Sans elle, vous n’êtes rien. Et c’est parfois un peu dommage. Tout au long de votre progression, vous allez trouver des docks où installer votre petite console portable. S’ouvre alors une interface, celle de ladite console, avec un mini-jeu en apparence simple. Vous devez placer des pièces de Tétris aux bons endroits pour déverrouiller ce qui doit l’être.
L’esthétique reprend celle de la Game Boy, tout en jaune et noir, avec la petite musique 8-bits qui va bien. Musique qui, avouons-le, reste particulièrement dans la tête. Ces casses-têtes sont intéressants, complexes par moment, et sont le fil rouge dans toute cette aventure. Quelles que soient les énigmes auxquelles vous allez faire face, il faudra résoudre un niveau de la GameLeaf à un moment donné. Ou plusieurs.
Si on met de côté la possible redondance de ces énigmes, dont on perçoit rapidement les évolutions à venir, on constate aussi quelques manques d’homogénéité musicale. L’ambiance du jeu est atmosphérique, avec des sons qui viennent comme pour ponctuer votre aventure, des musiques qui changent en fonction des pièces ou des appartements que vous visitez.
La petite musique de la GameLeaf vient alors casser ce côté presque onirique de certaines phases, parfois brutalement. Cette rupture de rythme est intéressante, même si elle peut s’avérer crispante par moment.
Globalement, la GameLeaf est une idée excellente. On trouve d’ailleurs quelques twists dans son utilisation, jouant sur les possibilités de la console et venant bousculer vos certitudes. Cela vous pousse à remettre en question ce que vous pensiez savoir, vous poussant parfois à retourner sur vos pas, à explorer encore une fois les nombreuses pièces et versions des pièces.
Fael ? T’es où, Fael ?
Le reste du gameplay est assez classique : on se déplace avec le joystick droit, on peut bouger la caméra avec le gauche. Le bouton d’action permet de manipuler les objets, d’ouvrir les portes, de placer la GameLeaf.
Dans les options, vous allez pouvoir régler la sensibilité des curseurs, que ce soit de la caméra ou du curseur pour sélectionner les pièces que vous allez jouer sur la GameLeaf. D’autres options, notamment d’aides, existent. Aucune ne vous donnera la solution si vous êtes perdu. Vous pourrez afficher des traces de pas pour retrouver la porte de l’appartement par exemple.
Pour le reste, vous n’aurez que la force de vos déductions. Les énigmes se suivent, ne se ressemblent pas et sont toutes très finement conçues. Elles font appel à la logique, à l’observation, à votre sens des déductions, à la façon dont vous vous repérez dans l’espace…
Bref, chaque pièce, chaque appartement, regorge de détails dont certains ne seront utiles que plus tard. Et plus vous avancez, plus vous allez aussi rencontrer des éléments du contenu endgame. Car Looking for Fael dispose de puzzles dit “optionnels” qui vous guident vers ce qu’il y a au-delà de la fin du jeu. Ils sont plus complexes, certes, mais poursuivent la logique du titre.
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