Test de The Drifter : la mort n’est pas une fatalité
Vous êtes Mick et les choses vont de mal en pis pour vous. Pris dans une fusillade, accusé d’être un tueur en série, poursuivi… Tout ça parce que vous alliez à l’enterrement de votre mère. Résolvez donc les mystères de cette étrange aventure qu’est The Drifter.
Tout commence dans un wagon…
Mick Carter est un peu à la dérive. Il va d’un job à un autre, ne reste jamais longtemps au même endroit… Alors quand sa mère décède et qu’il est obligé de retourner auprès de sa famille, il pensait juste passer un moment difficile. Mais il était loin de se douter qu’un trajet dans un wagon de marchandise allait l’embarquer dans une aventure plus étrange encore. Pourchassé par la police, incapable de mourir, Mick voit son fils décédé qui va l’aider dans cette aventure. Mais qu’est-ce qui se passe exactement ?
The Drifter est une aventure palpitante, prenant inspiration dans de nombreux autres récits. On sent ici l’influence des pulps, des oeuvres de King, Crichton et Carpenter, rien que ça. L’ambiance en est presque Lovecraftienne par instant, avec cette frontière toujours aussi floue entre réalité et hallucination, phénomènes paranormaux et réalité terrifiante. En un an, The Drifter a su se faire une place dans le paysage vidéoludique : nommé à de nombreux prix, récompensé notamment aux Australian Game Developper Awards, il fait partie des expériences vidéoludiques qui marquent.
Le jeu est un point and click assez classique. On y retrouve aussi les influences du genre dans ses différentes mécaniques ou dans la résolution de certaines situations. Comme il s’agit aussi d’un jeu inquiétant, avec une touche d’horreur, vos choix risquent de vous mener à la mort. Là où The Drifter brille par son écriture, c’est dans l’intégration de ces décès au scénario. Pourquoi ? Comment ? A vous de le découvrir.
Explorer et enquêter
Avant même de commencer, il convient de signaler que les options d’accessibilité de The Drifter sont intéressantes à explorer. En effet, par défaut, la police d’écriture des sous-titres est une typo qui simule la pixélisation. Cependant, force est de constater qu’elle ne sera pas facilement lisible pour tout le monde. Heureusement, vous pouvez passer les sous-titres en typo HD, ce qui lisse complètement les lettres et leur donne une autre lisibilité. Même si cela ne cadre plus vraiment avec l’ambiance rétro et le magnifique pixel art des graphismes, cela conviendra probablement mieux à de nombreuses joueuses et joueurs.
Bien qu’il s’agisse d’un point and click, The Drifter n’est pas jouable au tactile. C’est dommage, ça aurait apporté un côté sympathique au gameplay. Celui-ci est un peu différent de ce à quoi on a l’habitude. Avec le joystick gauche, vous pouvez déplacer Mick à travers l’écran. Avec le joystick droit, vous activez une sorte de roue autour de votre personnage avec différents points d’intérêt. Une fois celui que vous voulez étudier en surbrillance, il suffit d’appuyer sur ZR pour valider et lancer le dialogue, l’animation, l’étude ou autre de ce point d’intérêt. Pour souligner ce que vous êtes en train d’observer, une icone s’affiche sur l’objet en question, changeant en fonction de ce que vous pouvez faire. Par exemple, une petite main indique que vous pouvez toucher, une bulle de BD pour le dialogue… et ainsi de suite.
Bien entendu, comme dans tout point and click, vous disposez d’un inventaire, avec les objets récupérés au fil de votre aventure. Vous pouvez switcher entre eux en utilisant L et R. Ouvrir le menu pour combiner les objets se fait avec Y. Quant à X, il permet d’ouvrir un menu spécial, regroupant tout un tas de sujets de conversation qui fait aussi office de récapitulatif de votre avancée narrative.
Etranges phénomènes
The Drifter est un excellent titre. L’aventure est prenante, passionnante, reprend les codes des anciens point and click pour les remettre au goût du jour. La maniabilité de la roue de sélection est un peu plus délicate, surtout quand il y a beaucoup d’objets avec lesquels interagir à proximité. Cela ne pose pas de souci en soi, puisque le jeu vous laisse globalement le temps de réagir (sauf à quelques moments, justifié par le scénario et l’enchainement des événements) et donc de sélectionner ce que vous voulez. Le missclick est assez peu fréquent.
Cependant, il faudra capter la logique du jeu. Certains enchainements d’action sont drôles, d’autres un peu plus absurdes (et rappeleront aussi l’exceptionnel Day of the Tentacule), mais tout est toujours faisable. La narration de Mick nous donne quelques indices sur la marche à suivre et nous ne pouvons que vous donnez un conseil : n’oubliez pas de tout tester sur tout le monde !
Au fil des chapitres, l’intrigue prend de plus en plus de profondeur, nous happant complètement. Particulièrement bien ficelé, le fait que vos décès soient complètement intégrés à l’histoire ajoute un vrai plus et une profondeur supplémentaire au titre.















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