Test de Monster Rancher 1&2DX : Devenez le meilleur éleveur !
Replongez dans les années 90 où la 3D faisait son apparition avec le retour sur Switch des Monster Rancher méconnus en occident.
TestUne formule de jeu simple et addictive
Monster Rancher 1 et 2 (MR1&2) sont des jeux d’élevages de monstres qui ont peiné à trouver leur place hors du Japon des années 90. Ils allient des mécaniques de simulations et d’optimisations au travers de phases d’élevage ainsi que des phases d’action lors des combats. Bien que ces deux titres aient été plutôt bien reçus au Japon, la licence n’a jamais réussi à trouver sa place en Europe. Si bien que le studio ne s’est même pas donné la peine de proposer d’autres langues que l’anglais. On ne saura jamais si c’est un manque de confiance dans ce portage ou simplement un manque d’effort ici. L’objectif des Monster Rancher est très simple : entraîner des monstres pour dominer les tournois les plus prestigieux. Ne vous attendez donc pas à une histoire pleine de rebondissements. MR1&2 ne présentent aucune réelle histoire et le contexte du jeu n’est apporté qu’au travers de quelques dialogues. Cette absence quasi totale de scénario n’est pas si grave car le réel intérêt de cette franchise réside dans l’élevage et le combat de monstres.Les deux jeux présents dans cette compilation sont quasiment identiques aux originaux. Ils bénéficient tout de même de rééquilibrage des statistiques ainsi que des graphismes très légèrement retravaillés assurant une bonne fluidité sur la Switch. Chaque cycle de jeu commence avec l'acquisition d’un monstre. Il y a trois méthodes d’invocations pour obtenir un compagnon. Mais seulement deux modes présentant un intérêt réel.
Il est d’abord possible d’obtenir un monstre prédéterminé (espèces et statistiques fixées) au marché. C’est à la fois la méthode la plus simple introduite dans les jeux mais aussi la moins intéressante. La deuxième option est de tester votre chance au temple. Ce système est un héritage d’une fonctionnalité de la PS1.
Il était possible, à l’époque, de remplacer le CD du jeu par un autre (jeu ou musique) pour générer un monstre à partir du numéro de série du disque. TEMCO a décidé de remplacer ce système par une énorme bibliothèque musicale permettant d’avoir un système d'invocation presque aléatoire très agréable et intéressant.
La dernière option est de combiner deux monstres pour en créer un troisième. Ce système est extrêmement complexe, exigeant de contrôler finement les statistiques des deux parents pour obtenir les meilleures statistiques possibles pour l’enfant. Enfin, il est possible d’importer des monstres du premier opus directement dans le deuxième permettant de ne pas perdre vos monstres préférés.
Un système d’élevage plus profond qu’il n’y paraît
La progression des monstres se fait en modifiant 6 caractéristiques : points de vie (Lif.), puissance (Pow.), intelligence (Int.), dextérité (Ski.), vitesse (Spd.) et défense (Def.). Les monstres ne progressent pas par gain de niveau comme pour les Pokémon. En revanche, chacune des 6 statistiques ont leurs propres valeurs et niveaux. Choisir des caractéristiques correspondant au mieux à l’espèce du monstre permet d’accélérer son développement et facilite l’acquisition de compétences de combat plus efficaces.La vie, vitesse et défenses constituent les statistiques défensives et les trois autres sont offensives. La vie et la vitesse permettent respectivement d'encaisser plus de coups et de les esquiver. La défense est malheureusement trop limitée face aux autres statistiques pour avoir un réel intérêt. La dextérité, elle, est extrêmement importante pour tous les monstres. Elle permet à la fois d’améliorer la précision des attaques ainsi que d’augmenter les chances de coups critiques.
Chaque attaque appartient à un type précis. Les vertes sont des compétences basées sur l’intelligence alors que les jaunes sur la puissance. Elles sont donc à choisir en fonction de l’espèce du monstre et des compétences utilisées. Ce système original est bien équilibré pour plaire à tous les types de joueurs. Mais c’est bien malheureux qu’aucune de ces mécaniques ne soit réellement expliquée dans les jeux.
Aucun des titres ne propose de tutoriel, ni de guide facilement accessible. Il y a bien un manuel exhaustif disponible mais il est entièrement en anglais et quasiment illisible sur la Switch. Ce manuel est en réalité un site internet qui a été ajouté localement. En plus, ces pages sont mal construites. Elles sont surchargées de textes bien trop petits surtout en mode portable. Enfin, la navigation atroce représente le manque flagrant d’attention de l’éditeur à ce portage sur Switch.
Les statistiques sont augmentées via 10 entraînements disponibles au Ranch. Malheureusement ces entraînements sont en réalité des cinématiques impossibles à passer. Les 6 premiers permettent d’améliorer une seule statistique. Les 4 derniers diminuent une statistique légèrement pour en augmenter deux autres Le système de flèche bleue indiquant une augmentation et de flêche rouge pour une diminution est très intuitif.
Mais ne vous laissez pas avoir par ce système simpliste. La progression est extrêmement complexe et satisfaisante grâce à la mécanique de fatigue, de stress ou de mort. En effet les monstres naissent et meurent comme tous les êtres vivants. Ils sont aussi sujets à la fatigue, au stress et à leur environnement.
Les jeux sont basés sur un système de temps réaliste. Il y a un total de 12 mois suivant les 4 saisons. De manière générale, chaque action se déroule sur une semaine à l’exception de quelques cas particuliers, comme partir en expédition ou en cas de blessures. Les entraînements se déroulent eux aussi sur une semaine et sont nécessaires pour progresser dans le jeu. Mais attention, chaque action augmente le stress et la fatigue se traduisant par une diminution forte de l'espérance de vie. Ce système demande un contrôle fin de l’alternance entre les phases d’entraînements, de combats et surtout de repos pour permettre au monstre d’avoir une espérance de vie de quelques années.
Des monstres gladiateurs
Malheureusement, les phases d'entraînement sont extrêmement répétitives. Fort heureusement, les combats lors de tournois sont là pour permettre de casser cette monotonie. Car il est important de rappeler que malgré le nom de la franchise (et tout le contenu de ce test jusqu'ici), l’objectif réel est d’envoyer des montres combattre dans une arène tels des gladiateurs.Les combats sont les seules phases de jeu où le joueur prend pleinement contrôle de la situation. Ces phases sont à mi-chemin entre un jeu de combats classique et un RPG au tour par tour. Les deux combattants sont face à face et se déplacent sur un seul axe. Mais ici les combos laissent place à 4 capacités à choisir d’activer au bon moment. La position et surtout la distance entre les deux participants détermine les attaques disponibles. De manière générale, les attaques rapprochées sont rapides et faibles alors que les éloignées sont dure à placer mais très puissantes. Les déplacements sont gérées en utilisant les deux gâchettes et les attaques avec le boutons A. Ce système de combat est original et très bien pensé. Malheureusement les déplacements sont bien trop souvent chaotiques et ne permettent pas un contrôle aussi précis que des jeux de combats.
Les compétences offensives utilisent une jauge (Will pour MR1 et Guts pour MR2). Ces points augmentent plus ou moins rapidement en fonction de l’espèce des monstres. La gestion de cette jauge est primordiale car elle contrôle non seulement la possibilité d’attaquer mais influence massivement les chances d'esquive ainsi que de coups critiques. Avoir une jauge à 100% augmente drastiquement les chances d’esquive du monstre, sa précision et permet d’obtenir très facilement des coups critiques. En revanche, si l’adversaire possède une jauge plus élevée, il obtiendra alors les mêmes avantages.
La participation au combat est au centre des deux titres. Mais ils ne sont pas aléatoire où simplement imposés par le jeu. Chaque monstre commence en bas de l’échelle, le rang E, et il monte petit à petit à de nombreuses victoires jusqu’au sommet, le rang S. Chaque tournoi rapporte une certaine somme d’argent et même certains objets utiles pour l’élevage. Les objets de certains de ces tournois peuvent même changer la façon d’approcher les cycles d’entrainement pour pousser les monstres encore plus loin.Mais pour la majorité des joueurs, l’argent et la progression de rangs sont les deux vraies raisons de participer aux tournois. En effet, l’argent est extrêmement important car il permet de nourrir les combattants, de payer pour des entraînements et des objets. Le seul game over possible est d’être à court de trésorerie. Heureusement, les tournois sont très souvent disponibles et bien répartis dans le temps. Mais attention à vos choix, prendre part à des compétitions de rang inférieur a un impact négatif sur le développement du monstre. A l’inverse, participer à un tournoi d’un rang trop élevé est extrêmement dangereux car les blessures nécessitant une hospitalisation ou aboutissant à la mort en combat ne sont malheureusement pas si rares.
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